Cela va faire 10 jours que nous sommes arrivés au CIMA (Centre d’Intégration des Mineurs Abandonnés), près de LIMA.

Le Cima vu du toit

Le Cima vu du toit

Vu du toit sur le désert alentours

Vu du toit sur le désert alentours

Cette association, que nous avons découvert avant notre départ grâce à Nicolas Mathey, est la plus importante de ce genre à Lima. Elle accueille près de 90 jeunes de 8 à 18 ans avec pour objectif de les sortir de la rue et des dépendances dans lesquelles ils sont enfermés. Certains sont scolarisés, d’autres non, mais tout est mis en oeuvre ici afin de leur apporter l’attention et le cadre nécessaire pour reprendre le fil de vie décousue et sans issue. Pour en savoir plus sur l’association, vous pouvez vous rendre sur leur site internet :

http://www.hogarcima.org/fr

Devant les ruines Incas derrières le Cima

Devant les ruines Incas derrière le Cima

Une association française est également très active afin de les aider à trouver des fonds, vitaux afin de pérenniser cette magnifique action, qui dure maintenant depuis 23 ans. Pour vous tenir éventuellement au courant des actions menées par Ayud’art et vous rendre sur les événements où ils sont présent, toutes les infos sont ici : http://blogayudart.blogspot.com/ et là http://www.ayudart.org/ . Nous en profitons pour embrasser Elise sans qui tout cela ne serait possible.

Ici, l’immersion a été immédiate. Arrivés un jeudi en début d’après-midi après avoir traversé Lima en bus puis avoir terminé en moto-taxi, nous avons été accueillis par Massimo, un volontaire français, nancéien de surcroit, qui est ici depuis 3 mois et pour encore 3 ou 5 de plus. Il réalise un reportage sur la situation des enfants des rues à Lima, son projet se nomme « Les oubliés de Lima », vous pouvez le suivre sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/LesOubliesDeLima
Premier soir et premier foot !

Premier soir et premier foot !

Pour bien comprendre comment fonctionne le centre et comment s’articulent les journées, il faut savoir que certains enfants sont au collège ou au lycée, alors que d’autres, pour diverses raisons, restent au centre toute la journée. L’objectif est alors de les occuper en essayant de leur apprendre quelque chose, en leur inculquant la valeur travail également. Tout au long des journées de la semaine, des ateliers sont gérés par une équipe d’enseignants. Cela va des travaux à la ferme à des cours de mise à niveau, en passant par la musique, la confection, la peinture, la cuisine, l’atelier mécanique etc. Pour ma part, je suis venu ici avec l’idée de sensibiliser les jeunes à la BD, un atelier qui n’a jamais était fait au CIMA.

"Sebas" au centre, avec Emilie et un jeune

« Sebas » au centre, avec Emilie et un jeune

Dés le lendemain de notre arrivée, nous étions donc au boulot ! C’est à la ferme qu’il y a le plus besoin d’aide car les tâches sont nombreuses. c’est Sebastian qui gère toute cette activité, un homme très sympa qui entretient un lien extraordinaire avec les enfants.  Nous voilà avec 6 jeunes dans le champs à bêcher un terrain en jachère afin d’y planter du maïs. Après 4h30 de boulot

Emilie et ses cochons d'indes

Emilie et ses cochons d’Inde

intensif, l’objectif est atteint, avec en souvenirs quelques ampoules et de nombreuses piqures de moustiques ! Mais ce premier contact avec la terre et les enfants nous met dans le bain et, malgré ces désagréments, nous savons que c’est donc ici que nous passerons le plus de temps. L’après-midi, Sébas nous a affectés au nourrissage des animaux, aidés par un jeune, et nous avons donc pu découvrir la population de la ferme : près de 1000 cochons d’Inde (un met de choix ici), des lapins, des cochons, des chèvres, des poules, des canards et des oies.

Comment voulez-vous que l'on puisse manger ces petites choses ?

Comment voulez-vous que l’on puisse manger ces petites choses ?

Le week-end, il n’y a pas d’atelier obligatoire, les jeunes peuvent se reposer,

Emilie, Alexander et 3 petits chevreaux de 3 jours

Emilie, Alexander et 3 petits chevreaux de 3 jours

faire du sport et certains ont des permissions pour rendre visite ou recevoir des visites de leurs familles. Nous en profitons pour découvrir les environs, prendre nos repères pour les courses etc. Mais le week-end, la ferme ne ferme pas et nous devons donc nous occuper des animaux. Cette tâche deviendra d’ailleurs la mission principale d’Emilie, qui gère aujourd’hui seule cette activité, accompagnée parfois d’un ou deux jeunes. Pour ma part après l’avoir aidée les premiers jours, j’ai ensuite été affecté aux chèvres et suis devenu le

Une reconversion possible ?

Une reconversion possible ?

berger de Cima. Donc vous l’aurez compris, même dans ce contexte, nous sommes restés proche de nos deux passions : la nature et les animaux. Et tout cela enrichis par le partage et l’échange permanent avec les enfants, curieux, demandeurs d’attention.

 

 

Ce premier week-end est également pour moi l’occasion de lancer l’atelier BD. Le samedi et dimanche de

La bonne humeur est de mise

La bonne humeur est de mise…

10h à 12h, entre 6 et 10 garçons participent à cette expérience. Ce n’est pas évident car, outre la langue que je ne maitrise pas, je m’aperçois que malgré

... Tout en étant studieuse

… Tout en étant studieuse

leurs talents de dessinateur (c’est bluffant, j’ai rarement vu cela, même à l’atelier de Vincennes avec des enfants du même âge), ils n’ont pas d’imagination. C’est très certainement dû à leurs histoires et leurs vies, terriblement ancrées dans une réalité qui ne donne pas envie d’être racontée. Il ne faut pas oublier que la plupart sont dans la rue et connaissent la drogue dés leur plus jeune âge (pour certains dés 8 ans…). Après ce premier week-end, j’ai réorienté l’atelier afin de leur permettre de ne venir que pour dessiner. J’aide certains à créer des petites histoires mais la majorité est là pour passer un bon moment, exprimer leurs talents de dessinateur et se changer les idées. La semaine, mon atelier est de 17h30 à 18h30, et entre 2 et 6 garçons viennent lorsqu’ils en ont envie. Et à chaque fois ils passent un bon moment, ont du mal à partir, et cela suffit à notre bonheur mutuel.

La semaine est passée à toute vitesse. Il faut dire que les journées sont chargées car avant de les terminer avec l’atelier BD, nous en avons fait des choses ! Le programme type :

Coupe de plantes pour nourrir les animaux

Coupe de plantes pour nourrir les animaux

- levé à 6h40 pour 1h à la salle de muscu, avec Massimo et entre 3 et 6 jeunes

- 9h à 13h30 à la ferme. Emilie avec ses animaux, moi avec mes chèvres et parfois nous participons à d’autres tâches (celles qui donnent des ampoules !)

- 15h à 17h à la ferme pour Emilie et moi à faire les courses, préparer mon atelier et, parfois, à la ferme également.

Et donc l’atelier de 17h30 à 18h30. le tout bien sûr entrecoupé et complété par quelques parties de foot et de basket … Bref, que du bonheur !

Lorsqu’Emilie est déchargée de ses responsabilités à la ferme, elle trouve le temps de participer à d’autres ateliers et a même commencé à apprendre le français à certains jeunes qui en ont fait la demande. Nous n’arrêtons pas et toutes ces occasions d’échanger avec ces jeunes très attachants nous font dire que le départ dans un peu plus de 10 jours va être difficile (nous étions venus pour 15 jours, sommes déjà passés à 19, et qui sait …).

Atelier Muffins !

Atelier Muffins !

Cours de Français avec Elibert

Cours de Français avec Elibert

 

 

 

 

 

 

 

L'ambiance est bonne chez les volontaires !

L’ambiance est bonne chez les volontaires !

Massimo, un peu barbouillé, tente une boisson locale

Massimo, un peu barbouillé, tente une boisson locale

Nous arrivons tout de même à trouver un peu de temps le soir pour nous détendre avec Massimo et Cornelius, un jeune allemand qui est là pour un an. A l’abris du regard des jeunes, un peu de vin et de bière nous permettent de bien rigoler tous ensemble, des moments de détente agréables qui complètent bien ce tableau déjà enchanteur.

L’expérience est déjà inoubliable et il nous en reste encore une grosse tranche à déguster. Dans tous les cas, nous ne pouvons qu’encourager le plus grand nombre à la vivre,ici ou ailleurs, car maintenant nous en avons la certitude, nous repartirons d’ici plus riches que jamais. Riches d’expériences uniques, de rencontres, d’ouverture et de découverte sur les autres et nous même.

 

 

5 Responses so far.

  1. Sandra dit :

    Que je suis fiere de mon ptit frere et de sa cherie!!! :-) grosses biz, bonne continuation

  2. Catherine humbert-droz dit :

    super super super!! pas de mots pour décrire le bonheur de lire tous ce que vous vivez au quotidien et tu as raison jeff la richesse de découvrir , de ce découvrir au sein de cette association les racines familiales ne sont jamais loin même a plusieurs kms d’ici pleins de bises les loulous caty

  3. Raph & Jess dit :

    Salut les aventuriers !
    Ca a l’air très très bon ce que vous vivez en ce moment. De bons moments de partage et d’apprentissages mutuels, y’abon !!!
    Profitez bien et continuez à transmettre votre bonne humeur à ces p’tits jeunes du bout du monde ;o)

    Pleins de bécots à vous deux, de nous deux !

  4. NADINE dit :

    Coucou…je ne sais pas si vous avez eu mon précédent commentaire…je ne le vois pas..en tout cas, je suis toujours régulièrement votre route et que de chemins parcourus et que d’enrichissements constants.!!.superbe aventure humaine que vous vivez encore maintenant..vous avez une énorme générosité et savez partagez…c’est génial!! GROS GROS BISOUS
    NADINE ( et merci pour la dédicace…)

    • Jean-François Legrand dit :

      Salut Nadine,
      Ecoute, je crois effectivement que ton précédent message n’est pas arrivé, en tous cas nous ne l’avons pas censuré ! Merci en tous cas de tous tes messages qui nous font plaisir et que me motives à passer des heures à écrire tout ce contenu ! Nous t’embrassons

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