Inti Wara Yassi

Après le lac Titicaca, nous avons passé quelques jours à La Paz. Hélas, j’étais malade et nous n’avons donc pas pu profiter de la ville. Mais nous y retournons dans une dizaine de jours pour attendre les parents d’Emilie, nous nous rattraperons à ce moment là.

Après avoir vu le médecin de l’ambassade et m’être un peu rétabli, nous avons pris la direction de Villa Tunari, aux portes de la forêt amazonienne, afin de faire notre deuxième session de volontariat, cette fois-ci dans un parc qui recueille des animaux qui ont été « abusés » par l’homme (particuliers, cirques etc.). Nous devions y rester 3 à 4 semaines, mais nous avons finalement écourté notre séjour à 2 semaines, pour plusieurs raisons. La première est que finalement, ce parc est plus un asile à la Brigitte Bardot qu’un véritable centre de réintroduction. La seconde est que nous pensions qu’il y avait également un travail avec les enfants des rues de La Paz mais cela ne se fait plus depuis plusieurs années. Et enfin, j’ai hérité de la mission la moins « sympa » de toutes, avec peu d’interactions avec les animaux ; cela ne m’aurait pas dérangé si il y avait un véritable objectif de remise en liberté, mais ce n’était pas le cas. Nous avons tout de même passé de bons moments avec les autres volontaires et Emilie a apprécié sa mission.

Avant de lui laisser le clavier afin qu’elle vous raconte son expérience, une petite anecdote du premier jour. Lors de notre arrivée, nous avons du ressortir nos bottes en caoutchouc, rangées dans le sac depuis notre précédent passage en Amazonie (près de 10 jours plus tôt). Alors qu’Emilie enfile ses bottes, elle sent un caillou qui la gène. Elle les enlève, les secouent et là, stupeur, ce n’est pas un caillou : une tarentule tombe sur le sol ! La pauvre a passé tout ce temps dans la botte, et nous avons donc passé plus de 10 jours à la balader de l’Amazonie à la Paz, en passant par le lac titicaca ! Autant vous dire que durant toute la suite de notre séjour, nous avons secoué nos bottes chaque matin avant de les enfiler ! Je laisse maintenant le clavier à Emilie afin qu’elle vous conte son expérience.

Le fameux singe araignée

Le fameux singe araignée

J’ai donc été affectée aux singes araignée par Jack, un volontaire de longue date qui coordonne les activités  du centre. Une quarantaine de ces singes ont été recueillis ou sont nés dans le parc et 36 d’entre eux vivent donc dans une aire située à environ 20 minutes à pied des « bureaux ». Ce sont les plus grands singes d’Amérique et même si nous sommes bien loin des dimensions des gorilles, les mâles pèsent tout de même en moyenne 11kg et les femelles 10. Petite particularité, ils ne possèdent que 4 doigts aux mains et aux pieds (au lieu de 5 pour les autres espèces) ce qui leur permet d’être extrêmement agiles dans les arbres.

 

Equipe des araignées

Equipe des araignées

Tout d’abord, présentation de mon équipe: de gauche et droite sur la photo, nous avons Chaï, une jeune israélienne qui a choisi de voyager plusieurs mois après son service militaire, Roger, un suisse aventurier qui parcours le monde à vélo et enfin Caroline, française et informaticienne de son état, voyageant depuis 5 mois avec son fiancé.

Dur dur, 2 fois par jour !

Dur dur, 2 fois par jour !

Dés 6h30 du matin, nous nous retrouvons donc tout les 4 afin de préparer les sauts de nourriture et les bouteilles de API, une boisson constituée de lait, céréales et médicaments. Après un petit déjeuné rapide au café, nous partons à pied rejoindre notre aire de travail, chargés comme des mules (pour Roger, 15 à 17kg de API sur le dos et pour les filles, une dizaine de kg de bananes, papayes, concombres, betteraves… et autres aliments en tout genre). Un effort court mais intense que nous devons renouveler aussi après déjeuner. De plus, le chemin est difficile, il monte de manière abrupte et il y a beaucoup d’éboulements de pierres mais il faut bien reconnaître que ça en vaut la peine !

Plateaux de nourriture

Plateaux de nourriture

Aire des singes araignée

Aire des singes araignée

Arrivés au dessus, les singes nous attendent déjà alors on s’active. 5 singes sont en permanence attachés à des runners, ce qui leur permet de se déplacer et de grimper aux arbres les plus proches. Nous ne pouvons pas les laisser en liberté car malheureusement, ils ont tendance à s’approcher trop près des villages et pourraient être tués par des locaux. Notre première tâche est donc de les sortir de leurs cages et de les installer sur leur runner. Ensuite, nous distribuons le API et les bananes dans des plateaux situés à la cime des arbres.

 

Nettoyage des cages

Nettoyage des cages

Tout doit être propre

Tout doit être propre

Puis, c’est l’heure du grand nettoyage ! Nous devons laver les cages de nuit, les plateaux de nourritures, ramasser les peaux de bananes et le feuilles mortes afin de garder l’aire accessible, aller chercher de l’eau à la citerne et enfin… enterrer les fèces de nos chers singes, ramassés dans les cages, plus loin dans la jungle: Tâche plutôt ingrate que nous avons décidé de jouer aux cartes pendant nos pauses. Dur dur pour le perdant !

Qui va enterrer la merde ?

Qui va enterrer la merde ?

Petite récompense après le travail

Petite récompense après le travail

Après cela, nous profitons d’une petite heure de pause. Pause pendant laquelle il n’est pas rare d’avoir la plus belle des récompense… un câlin de singe !

Puis, c’est reparti, nous préparons, découpons et distribuons le snack de 11h ainsi que le déjeuner de 12h dans les plateaux avant de redescendre pour nous restaurer.

Préparation du snack

Préparation du snack

L’après-midi est plus courte, nous remontons vers 2h avec à nouveau des sauts de nourriture et du API. Les singes doivent recevoir un snack à 3h puis leur diner et API vers 16h30.

 

Petit voleur !

Petit voleur !

Enfin, le journée se termine par quelques câlins et l’observation tout simplement du site. En effet, les singes araignée ne sont pas seuls et de nombreuses autres espèces nous rendent régulièrement visite, en particulier une mère capucin et son petit, qui aiment dérober quelques morceaux de nourriture dans les plateaux.

Bien sûr, il ne faut pas oublier que ces animaux restent malgré tout des animaux sauvages et une vigilance de tout instant est nécessaire lorsque nous sommes avec eux. En effet, beaucoup de volontaires se sont faits mordre. J’ai réussie à échapper à cette « tradition » non sans quelques frayeurs, en particulier avec le mâle dominant qui m’a coursée plusieurs fois et m’a même attrapé la main avec ses dents. Mais à part la trace de ces 2 canines, pas de bobo, ouf !

Dernier câlin avant le départ

Dernier câlin avant le départ

Tout comme Emilie, mon travail se situait dans la selva, à environ 25 mn de marche du camp de base. Dur dur les jours de pluie mais sinon la marche, bien que difficile, était agréable. J’étais affecté à 3 missions : nourrir les singes de la forêt (des capucins et des singes écureuils) en montant des plateaux de fruits dans les arbres, et m’occuper des renards et des capucins à front blanc (cebus albifron).

Mon travail consistait à nettoyer les cages, à les nourrir et à « habiller » les cages avec des arbres, branches et autres plantes. Je n’avais pas de contact avec les animaux à part de temps en temps une papouille à travers les grilles.

Benji

Benji

Teio, le dur à cuir de la bande

Teio, le dur à cuir de la bande

 

Avec les renards, le contact n’était pas possible pour deux raisons différentes : 2 d’entre eux ont peur de l’homme et l’autre mort si on rentre dans sa cage ! Ce dernier nécessitait d’être enfermé dans un petit sas afin que je puisse nettoyer sa cage et cacher la nourriture.

 

 

Dulce, en mode câlins

Dulce, en mode câlins

Mafalda et son petit

Mafalda et son petit

Avec les capucins, le contact était interdit officiellement car il faut les limiter car ils doivent normalement être remis en liberté. Ils sont également très agressifs et je pense que le mâle dominant m’aurait attaqué si j’entrais dans la cage, Dulce également je pense. Ils m’ont d’ailleurs régulièrement attrapé les habits et griffés la tête lorsque j’étais trop prêt et que je ne faisait pas attention. Ce sont des animaux imprévisibles, qui d’un moment à l’autre peuvent être adorables et tout d’un coup, péter les plombs et essayer de s’en prendre à moi ou de se battre entre eux.

Coatis qui rôdent à la recherche de nourriture facile

Coatis qui rôdent à la recherche de nourriture facile

Dans la selva, j’avais régulièrement, comme Emilie, la visite de Capucins, de singes ecureuils et de Coatis, mammifère très mignon et très nombreux dans cette région. Cela mettait un peu d’animation dans mon travail monotone, d’autant plus que j’étais seul toute la journée …

Pour conclure, l’expérience n’a pas été celle dont je rêvais, surtout de part le fait que ce parc ne place pas la réintroduction des animaux comme une priorité. C’est sûr que la majorité des animaux qu’ils récupèrent ne peuvent être remis en liberté à cause de traumatismes trop fort. Ils ne pourraient survivre et/ou seraient une menace pour l’homme. Mais je suis persuadé que pour certains, cela serait possible, encore faudrait-il qu’il y ait un encadrement de biologistes pour contrôler tout cela. Mais bon, cela nous a permis de voir ce qu’était le travail avec les animaux et c’était un premier pas malgré tout pour mieux les connaitre.

Un dernier repas bien arrosé !

Un dernier repas bien arrosé !

Partie de cartes entourée par nos chiens de garde

Partie de cartes entourée par nos chiens de garde

 

Et cela aurait été l’occasion de faire la connaissance de gens très sympas, notamment une petite troupe de français avec qui nous avons passé de bonnes soirées ! Tibo, Olivier, Caro, A BIENTOT ! (nous n’oublions pas non plus Fernando, l’homme ours italien, qui j’espère nous reverrons)

 

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