Après quelques jours à la mer, nous prenons donc la direction de Huaraz, dans la Cordillère Blanche, plus haute cordillère tropicale du monde. Nous avons une idée bien précise en tête : faire le trek de Santa-Cruz, réputé comme le plus beau de la « Blanca », dans le parc de Huascaran, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce trek de 4 jours et 45 km est assez accessible, sans difficulté majeure mais il faut aimer marcher quand même !!

 

Vallée Cordillère blanche 2

Point de vue sympa sur la route

Première pause sur la route vers le départ du trek

Première pause sur la route vers le départ du trek

Après une petite journée à Huaraz, ville sympa, sans beaucoup de charme car entièrement détruite en 1970 (un tremblement de terre géant à détruit tous les villages de la vallée et fait 70 000 morts !), nous prenons le départ pour le trek. Un mini bus nous emmène, ainsi que 9 autres personnes, un guide et une cuisinière, retrouver notre muletier, compagnon indispensable. 5h de route dont 3 sur de la piste de montagne. Le paysage sur la route est magnifique. L’arrivée dans un minuscule hameau perdu au milieu de nul part, où nous attendent nos 6 mules, termine de nous mettre dans l’ambiance.

C'est parti !

C’est parti !

Camp de base n°1

Camp de base n°1

Le temps de charger nos compagnons à 4 pattes et nous voilà partis pour le premier bout de marche d’un peu plus de 4h, mise en bouche qui nous mène au premier campement à 3 800m d’altitude. Le lieu est enclavé entre les monts de la cordillère, dans un petit écrin de verdure, au bord d’une rivière. Le muletier et la cuisinière qui ont été beaucoup plus vite que nous, sans pause, ont déjà terminé de monter la tente cuisine, et la tente « salle à manger » est quasi terminée lorsque nous arrivons. Nous aidons le muletier à finir de monter les tentes puis profitons du lieux en sirotant un thé bien chaud, bon moyen de faire connaissance avec le reste du groupe.

Il fait un peu frais mais le sourire est là !

Il fait un peu frais mais le sourire est là !

Nous prenons le départ du second jour vers 7h30. Le jour le plus difficile nous annonce le guide. Dommage car la nuit n’a pas été top et nous sommes un peu fatigués, en partie à cause des vaches et mules qui ont partagé notre campement. Malgré notre bon équipement, nous avons également eu un peu froid et le matelas de mousse très fin qui nous a été fournit par l’agence date un peu et ne sert pas à grand chose. Nous pensons à nos Thermarest gonflable qui sont restés à la maison avec une pointe de regret.

Pause avec vue sur la cordillère blanche

Pause avec vue sur la cordillère blanche

Mais malgré tout, le moral est bon et nous sommes tous très motivés à l’idée d’attaquer cette journée. Le programme ? Environ 7h de marche en tout dont un peu moins de 4h de montée (un dénivelé de 1000m) pour atteindre le point culminant du trek à 4750m. Nous comprenons rapidement pourquoi ce trek est si réputé : nous traversons une variété de paysages incroyables, parfois saisissante tant on peut avoir l’impression de changer de lieu au détour d’un col. La montée est longue, il nous faut également gérer à nouveau une altitude que nous avions quittée il y a déjà plusieurs semaines. Puis les derniers 200m de dénivelé arrivent, encore

Dure dure la montée ... Et pas que pour les mules !

Dure dure la montée … Et pas que pour les mules !

une heure à pousser sur les jambes. Emilie est déjà exténuée, je l’aide en prenant son sac à dos et en restant près d’elle, mais la pente est raide. Comme pour nous encourager, c’est à ce moment là que les mules nous rattrapent, alors qu’elles sont parties plus d’une heure après nous. Mais impossible de leur emboiter le pas, ces animaux sont faits pour ce type de terrain bien plus que nous ne le sommes !

Ca fait du bien d'arriver en haut !

Ca fait du bien d’arriver en haut !

Puis enfin, l’arrivée au sommet. Tout de suite, les autres membres du groupe qui sont déjà arrivés nous crient « Ca y est, vous y êtes ! Emilie, regarde sur ta droite, ta récompense est là ! ». Et la récompense est plus douce qu’une confiserie : une vue incroyable sur un lac de glacier d’un bleu turquoise éclatant, additionné à une vue sur la vallée, dans un tout assez grandiose.

Vue de la vallée de la cordillère blanche

Vue de la vallée de la cordillère blanche

 

 

Panorama de la vallée

Panorama de la vallée

 

 

 

 

 

Camp de base n°2

Camp de base n°2

Après une pause déjeuner dans ce décor de rêve, quelques heures de marche pour arriver à notre second campement à 4200m. Contrairement à la veille où nous n’avions pas beaucoup marché, les écarts se sont creusés avec la « team mules » et tout est déjà monté lorsque nous arrivons (vers 15h), l’eau est déjà chaude et nous n’avons qu’une envie : faire une petite sieste avant le diner ! Une nouvelle fois, le camp est placé dans un décor de carte postale, entre rivières et montagnes, entre verdure et pics enneigés.

Après une nuit encore un peu difficile et pendant laquelle Emilie a pris un gros coup de froid, nous nous apprêtons à repartir pour une journée de 7h de marche, durant laquelle nous perdons 3 de nos compagnons qui eux rentrent à

Photo de groupe !

Photo de groupe !

Huaraz directement (ils vont directement au point d’arriver en 7/8h, sans faire les détours de points de vues que nous faisons). Bien que nous soyons les plus âgés (ils ont tous entre 20 et 24 ans), nous avons bien rigolé avec cette petite bande d’un métissage agréable et rafraichissant : 4 israéliens, 2 allemandes, 2 malaysiennes et 1 hollandais.

La troisième journée est magnifique. Les décors que nous traversons sont les plus beaux depuis le départ, d’une incroyable diversité et variété. Lorsque nous quittons nos 3 acolytes, nous partons pour nous rendre au pied de l’Alpamayo, que beaucoup (je ne sais pas comment) considèrent comme la plus belle montagne du monde. Il est vrai que c’est magnifique, mais la beauté n’est pas synonyme de bonté : 2 jours avant 2 guides sont morts en tentant d’emmener un groupe en faire l’ascension (escalade mixte roche et glacier).

La vallée menant à la plus belle montagne du monde

La vallée menant à la plus belle montagne du monde

 

La plus belle montagne du monde

La plus belle montagne du monde

Nous ne sommes pas là pour grimper mais la nouvelle ne nous laisse tout de même pas insensible et nous rappelle que la montagne est un univers naturel et incontrôlable. Nous ne savons pas encore que nous le comprendrions encore plus le lendemain …

Petit détail rigolo, c’est également ici, dans la Cordillère blanche, qu’un créatif de la Paramount trouvera l’inspiration pour la refonte du logo de l’entreprise en 1953. C’est l’Artesonraju qui servira de modèle au logo qui est encore utilisé aujourd’hui. L’angle de vue n’est pas parfait et l’enneigement est plus faible qu’à l’époque, mais voilà ce que cela donne en vrai :

La montagne qui a inspiré le logo de la Paramount !

La montagne qui a inspiré le logo de la Paramount !

Vallée désertique

Vallée désertique

Sur cette petite anecdote, nous reprenons notre descente vers la vallée où nous devons passer notre dernière nuit.

Après une petite heure, nous nous retrouvons dans un espèce de canyon désertique, impressionnant après avoir évolué dans les paysages précédents.

Notre repaire de motivation

Notre repaire de motivation

Au loin, nous apercevons un lac bleu qui nous attire comme un aimant, motivation nécessaire pour une Emilie qui, malade, a parfois du mal à avancer.

Encore un lac ... Mais qui peut s'en lasser ?

Encore un lac … Mais qui peut s’en lasser ?

 

Nous arrivons au lac pour la pause déjeuner, un repos qui fait du bien, surtout dans ce décor. Les 2 israéliens qui restent en profite même pour essayer de se baigner, mais, malgré leurs efforts et leur motivation, ils ne pourront aller plus loin que la taille dans cette eau à 3/4° (et c’est déjà un bel exploit !).

Camp de base N°3

Camp de base N°3

Nous arrivons finalement au dernier camp de base, une nouvel fois tout est prêt pour nous accueillir lorsque nous arrivons. Le décor à changé, les colibris et les hirondelles virevoltent autour des tentes, des chevaux sauvages traversent le campement entre les taureaux, vaches et mules qui le partagent encore avec nous. Une nouveauté cependant : les moustiques, nombreux et agressifs qui, malgré toutes nos précautions, ont réussis à nous bouffer.

Après une nuit un peu meilleure que les précédentes (nous avons utilisé le matériel laissé vacant par les 3 absents pour améliorer le confort de la tente), nous sommes contents de nous lever pour finir le trek et, pour être honnête, de nous dire que nous allons dans quelques heures à peine pouvoir prendre une douche bien chaude. Il ne nous reste normalement qu’à peine 2h de marche avant de prendre un mini bus qui nous ramènera à Huaraz en moins de 3h. Mais voilà, tout ne se passe pas toujours comme on le veut. Alors que nous finissons notre petit déjeuner et que nous sommes quasiment prêt à partir, la cuisinière vient me voir pour partager avec moi une information que je serai chargé de transmettre aux autres : il y a un problème sur le chemin, nous ne pouvons pas repartir, le guide et le muletier sont partis en repérage et nous devons attendre ici. Je ne sais pas si c’est parce que j’étais le plus vieux où si c’est parce que nous étions les seuls avec Emilie à parler Espagnol, mais je me suis soudain retrouvé à « gérer » un peu le groupe pour cette dernière journée : rassurer certaines, calmer certains, les uns ayant peur de rater leur bus, les autres de rester bloquer là à s’ennuyer voir pire.

A son retour, le guide nous explique qu’une avalanche de pierre a détruit le chemin, et que le passage était difficile pour les humains, impossible pour les mules. Il faudrait certainement créer une chaine afin de se passer nos affaires et abandonner les mules là. Nous partons donc dans cet état d’esprit. Arrivés sur le point

On fait avec les moyens du bord !

On fait avec les moyens du bord !

d’éboulement, force est de constater qu’il ne reste rien du chemin. 2 habitants du village en contrebas, où nous sommes censés récupérer notre bus, sont là avec une corde. Après avoir faire une chaine pour passer nos petits sacs à dos (le reste de nos affaires sont avec les mules qui arrivent plus tard), nous tendons la corde, 2 mecs de chaque côté, afin de permettre au filles de traverser la zone écroulée. Tout se passe relativement bien (sauf pour une qui panique un peu et qui nous oblige à déployer toute notre force) et nous attendons les mules pour le reste du matériel. Entre temps, des renforts venus du village s’accumulent autour de nous. Ils discutent, réfléchissent à la meilleure solution pour faire passer les autres touristes qui arrivent. Et surtout à comment recréer un chemin afin que les mules puissent passer, et ce pour deux raisons : un, si les mules ne passent pas, elles doivent repartir au point de départ en sens inverse, avec le matériel commun (tente, ustensiles de cuisines etc.). Deux, si le chemin n’est pas réparé, c’est potentiellement les treks des prochains jours qui sont menacés, et donc la survie du village qui vit en partie des revenus du tourisme. Nous avons passé plus de deux heures auprès de ces villageois, les regardant reconstruire un chemin dans des conditions extrêmes de sécurité, ramenant des pierres pesant des dizaines de kilos, attachées sommairement par des cordes. Nous leur donnions à manger, nous soignons les petits bobos, nous les encouragions. Mais il nous a fallu reprendre la route après avoir récupéré le reste de nos bagages. Il leur restait à priori encore 4h de boulot pour essayer de faire passer les mules. Nous ne savons pas si ils ont réussi cet exploit, mais l’expérience a été forte et a occupé les conversations durant l’heure et demie qu’il nous restait.

La vallée, enfin !

La vallée, enfin !

 

La dernière rivière avant l'arrivée

La dernière rivière avant l’arrivée

La descente a été agréable malgré le poids des affaires que nous devions porter. Même Emilie, toujours malade et que j’avais réussi à protéger la veille du port de sac, a due en porter un. Pour ma part j’ai en plus aidé la cuisinière à porter ses affaires, et ressemblais certainement à l’une des mules que nous avions laissé derrière nous.

Puis nous avons repris notre bus, tous fatigués, pas un mot durant le trajet. L’aventure était terminée. Nous étions heureux des 4 jours passés, mais aussi heureux de revenir à un peu plus de confort dans notre auberge, où la salle de bain partagée nous a semblée être le luxe ultime !

A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes à Lima où nous avons passé une journée que je vous raconterai plus tard. Nous nous apprêtons à partir au CIMA pour travailler avec les enfants. En attendant d’autres articles à ce sujet, je vous invite à découvrir le travaille de ce centre ici : http://www.ayudart.org/cima.html

A très vite !

 

4 Responses so far.

  1. Bibi et Guy dit :

    Super trek ! Photos splendides ! Et quelle aventure incroyable vous avez tous vécue. Enfin tout s’est bien terminé et bravo Jeff, tu as assuré et vous avez rassuré tout le monde. Bravo aussi à Emilie, qui même malade a terminé ce trek, avec l’aide et le réconfort de Jeff et sûrement la motivation de voir ces paysages magnifiques. J’espère ma puce que tu vas mieux pour profiter de la suite de vos aventures.
    Plein de gros gros bisous à tous les deux.
    Bibi et Guy.

  2. NADINE dit :

    FELICITATIONS !!! Super Emilie de n’avoir pas renoncé et écourté le voyage..Super JEFF, pour avoir soutenu et motivé l’équipe. Une super aventure de plus, des paysages incroyables…magnifiques…
    et c’est tellement agréable vous lire…c’est beau de réaliser ses reves, profitez en bien.
    BISOUS Nadine

  3. Raph & Jess dit :

    Salut les montagnards !
    Les photos sont belles et le treck a eu l’air de vous plaire.
    Pas etonnant que la cuisinière soit venue te voir, gérer ca te va bien non ? ;o)

    Profitez bien de vos prochaines aventures et checkez vos mails !

  4. Martine dit :

    Félicitations à vous deux. Paysages superbes vous devez vous éclater un maximum. Bonne continuation dans tous ces grands projets !!!

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