Ca y est, nous y voilà. L’un des rendez-vous que nous attendions le plus de notre voyage, la découverte de la

Terminal de départ - Où est Emilie ?

Terminal de départ – Où est Emilie ?

forêt primaire amazonienne. Direction donc Puerto Maldonado, à 10h de bus, point de départ de l’excursion que nous avons choisie dans la Réserve Nationale Tambopata, autour du Lac de Sandoval, connue pour sa faune très variée. Dans cette région, les touristes privilégient souvent le Parc Manu pour aller à la rencontre des tribus indigènes présentes dans la région. Mais ce « tourisme humain » de plus en plus organisé est beaucoup décrié, notamment car il amène ces tribus à perdre de leur authenticité (pour ceux que cela intéresse, un bon papier dans un CI de l’an dernier ici). Nous avons donc opté pour une immersion dans la nature avec un tour de 3 jours sans contact avec les « natifs » comme ils sont appelés ici.

Pas encore parti mais déjà à fond

Pas encore partis mais déjà à fond

Dés notre arrivée, nous sentons le changement de climat : chaleur+forte humidité = moiteur assurée ! A peine le temps de passer déposer nos affaires à l’agence que nous voilà partis en direction du port de cette ville du bout du monde, créée il y a 115 ans par les premiers chercheurs d’or de la région. Lorsque l’on monte sur l’embarcation à moteur typique de ce que l’on voit dans les reportages sur cette région du monde, l’excitation est au top : ça y est, nous allons nous enfoncer dans le poumon de l’humanité.

3 jours quasi seul avec nos guides

3 jours quasi seuls avec nos guides

Nous remontons le fleuve (Rio) Madre de Dios pendant 40mn, parfaite introduction à la mini aventure qui nous attend. Les paysages sans être incroyables nous immergent bien dans ce qui nous attend : peu de monde et beaucoup de nature. Nous abordons un petit ponton fait de planches de bois posées dans la boue pour, enfin, entrer dans le vif du sujet : la forêt primaire, aussi dense qu’immense. A ce moment là, petite pensée pour les copains qui ne comprenaient pas que nous prenions des bottes en plastique : ici c’est  l’outil indispensable avec le répulsif.

C'est parti !

C’est parti !

Après un passage à un point de contrôle à l’entrée du parc, nous voilà partis pour une petite heure de

Les termites amazoniennes

Les termites amazoniennes

marche avant d’arriver au lac. Enfin, pour ceux qui marchent sans s’arrêter tous les 5 mètres comme nous ! Marcher dans la boue avec un sac de 10kg dans le dos n’est pas forcément aisé, mais la nature m’offrait toutes les excuses nécessaires à des pauses répétées. Les plantes et arbres, d’aspect et de taille incroyable, les bruits dans les feuillages, les cris d’oiseaux et de singes, les

Les fourmis rouge, forçats de la jungle

Les fourmis rouges, forçats de la jungle

insectes … Waouh, aucun doute, nous y sommes ! Nous avons l’impression d’être dans un de ces documentaires que nous aimons regarder dans notre canapé, mais en mode méga 4D immersif ! Le moindre son nous fige, scrutant les cimes pour essayer d’apercevoir l’animal qui a poussé un tel cri. Le guide nous explique, nous montre sur son livre quel animal nous venons d’entendre, pendant que des centaines de papillons multicolores virevoltent autour de nous. Nous sommes comme des gosses, bouches ouvertes, yeux écarquillés.

Trop contemplatif pour pouvoir ramer...

Trop contemplatif pour pouvoir ramer…

Nous arrivons ensuite près d’un petit bras d’eau où quelques barques sont stationnées. Il va maintenant falloir ramer un peu dans ces petits

Kézako ?

Kézako ?

couloirs d’eau au coeur de la forêt pour arriver sur le lac. Juste avant d’arriver sur le Sandoval, le guide stop le bateau et pointe du doigt quelque chose, tout excité. On plisse les yeux, on se concentre, mais nous ne voyons rien. Un petit coup de rame de plus en direction d’un arbre, nous apercevons quelque chose d’alignée parfaitement le long du tronc. Il nous a fallu quelques minutes avant de comprendre qu’il s’agissait en fait de chauve-souris !

Toutes minis toutes mimis

Toutes minis toutes mimis

Cette diversion nous fait presque oublier que nous venons de rentrer dans le Lac sandoval, véritable niche écologique, sanctuaire de nombreuses espèces dont 2 pour lesquelles nous l’avons spécialement choisi  car fortement menacées : les loutres géantes et le caïman noir. Mais avant de pouvoir éventuellement profiter d’observation de ces animaux, la première claque est le lac en lui-même. Le temps un peu couvert en cette fin de matinée lui donne un aspect presque mystique, et, une nouvelle fois, les bouches restent grandes ouvertes.

Nous vous présentons le lac de Sandoval.

Nous vous présentons le lac de Sandoval.

Hoazin huppé ou Stink Bird en anglais...

Hoazin huppé ou Stink Bird en anglais…

Héron coiffé, le chouchou d'Emilie

Héron coiffé, le chouchou d’Emilie

Puis très vite, nous sommes rattrapés par la vie qui explose autour de ce lieu unique. Plusieurs espèces d’oiseaux nous entourent, naturellement tous plus beaux les uns que les autres. L’un de ceux que l’on verra le plus, l’Hoazin, a une drôle d’histoire : il pue tellement qu’il n’a aucun prédateur !

Puis des Martins pêcheurs créent des ondulations dans l’eau par leurs piqués, avant que, au loin, une première petite tête de loutre apparaisse, furtive. Nous pensions peut-être devoir nous contenter de cela car la loutre n’est pas facile à observer. Pour ceux qui s’en souviennent, nous avions déjà passé plusieurs demie-journées lors de notre voyage en Ecosse pour essayer d’en observer. Alors la loutre géante, espèce en voie de disparition, imaginez … Surtout que ne vit qu’une seule famille par lac, soit pour le Sandoval 6 individus seulement. Et même si elles mesurent près de 2m, elles ne sont pas faciles à observer.

Une petite tête sort de l'eau

Une petite tête sort de l’eau …

... Puis nous regarde autant que nous le faisons, suivie par toute sa famille

… Puis nous regarde autant que nous le faisons, suivie par toute sa famille

Mais, au moment où nous nous dirigions vers le lodge pour y déposer nos affaires, j’aperçois Fernando (notre guide des 2 jours suivants) sur un autre bateau nous faire de grands signes. Ni une ni deux je saisis ma rame, préviens notre guide et nous fonçons vers l’embarcation de « Nando ». Et là, très rapidement, nous nous retrouvons face à la famille de loutres géantes, au complet, partant pour sa pêche quotidienne (4kg de poissons/individu). Nous arrêtons de ramer, laissons le bateau avancer silencieusement vers elles pour ne pas les effrayer. L’émotion est aussi grande que lors de nos rencontres avec les baleines ou les manchots. Elles sortent la tête de l’eau pour nous observer, soufflent pour nous signifier qu’elles nous ont vus et que nous sommes sur leur territoire. Cette rencontre a duré un peu moins de 5 mn mais restera un des grands moments du voyage. Surtout que nous ne les reverrons pas les 3 jours suivants. Moment unique, magique, que seule la nature peu générer.

Après toutes ces émotions, un bon déjeuner dans notre lodge puis une nouvelle balade en barque sur le lac.

Pas un temps à mettre une amoureuse dehors ...

Pas un temps à mettre une amoureuse dehors …

Le temps se couvre et menace alors l’activité du soir, la « chasse » au caïman noir. Après avoir découvert à l’arrivée au lodge que les insectes seraient nos meilleurs amis durant le périple (ils sont partout !), nous découvrons ce qu’est un orage tropicale (même si nous en avions eu un avant goût lors de notre sortie en vélo en Equateur) : une pluie diluvienne qui inonde tout en quelques minutes.

Après le diner, nous tentons tout de même la sortie. Mais après quelques minutes sur l’eau et des éclairs illuminant le lac comme en plein jour, nous faisons demi-tour. Cette rencontre là, elle sera pour le lendemain …

 

 

3 Responses so far.

  1. Raph & Jess dit :

    Olala le grand trip !!
    Maintenant on comprend mieux les bottes en caoutchouc ;o)
    Nous imaginons très bien à quel point vous avez dû être excités, émerveillés, ébahis et attendris devant autant de nature.
    Nous allons quitter la Nouvelle Zélande et ses merveilles. Nous vous recommandons vraiment ce pays pour un prochain voyage. Nous sommes certains que ce sera un grand kif pour vous !
    Plein de bisous les amis et à bientôt

  2. Raph & Jess dit :

    Ah au fait on a oublié…

    Loutre : moustache et oreilles ou bien ? Qu’est ce qui la différencie d’une otarie ? ;o)

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